Article 39 pour président de SAS en 2026 : encore pertinent pour préparer la retraite ?

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Chez les présidents de SAS, la question de la retraite du dirigeant revient avec insistance en 2026. L'article 39 intrigue encore : outil de fidélisation discret pour certains, mécanique lourde pour d'autres. En réalité, tout dépend moins du dispositif lui-même que du contexte patrimonial, social et fiscal dans lequel il s'insère.

Pourquoi l'article 39 revient dans les discussions en 2026

Le sujet n'est pas nouveau, mais il ressurgit pour une raison simple : beaucoup de dirigeants ont compris que leur retraite future ne se construira pas sérieusement avec les seuls régimes obligatoires. Pour un président de SAS, assimilé salarié, la protection sociale paraît souvent plus lisible que celle d'un indépendant. Elle n'est pas pour autant suffisante, surtout lorsque les revenus actuels dépassent largement les plafonds qui servent au calcul des droits.

Dans le même temps, les entreprises cherchent des outils plus fins pour arbitrer entre rémunération immédiate, épargne longue et fidélisation. C'est là que l'article 39 réapparaît. Non comme une solution miracle - il faut se méfier de ce mot - mais comme un dispositif de retraite supplémentaire à examiner aux côtés du PER, de l'épargne salariale et des autres solutions patrimoniales.

Ce qu'est réellement l'article 39 aujourd'hui

L'article 39 désigne, dans la pratique, un régime de retraite supplémentaire d'entreprise à prestations définies. Sa logique historique était assez claire : promettre au bénéficiaire, sous certaines conditions, un niveau de rente à la retraite. Mais le paysage a changé. Les anciens régimes, parfois très avantageux et peu transparents, ont été largement encadrés, et les nouveaux dispositifs dits à droits certains obéissent à des règles plus strictes.

Un cadre plus propre, mais plus exigeant

Aujourd'hui, un dispositif article 39 en 2026 n'a plus grand-chose à voir avec l'image un peu opaque que certains en gardent. L'entreprise doit respecter des critères de mise en place, de gouvernance et d'information. Les droits acquis suivent aussi un cadre plus précis, notamment en matière de plafonnement. Pour un président de SAS, cela signifie une chose : le sujet mérite un vrai travail de conception, pas un simple ajout contractuel décidé en fin d'exercice.

C'est précisément là qu'une vision d'ensemble entre patrimoine privé et patrimoine professionnel devient utile. Nous le constatons souvent dans notre accompagnement des dirigeants : un outil pertinent isolément peut devenir médiocre s'il contredit la rémunération, la trésorerie disponible de la société ou la stratégie familiale à dix ans.

Les avantages existent, mais ils sont rarement là où on les imagine

Le premier intérêt n'est pas seulement fiscal. Il réside dans la capacité à structurer une retraite supplémentaire dans un cadre d'entreprise, avec une logique de long terme. Pour certains dirigeants, notamment dans des structures rentables et relativement stables, cela peut créer une discipline bienvenue. L'effort n'est plus laissé à l'arbitrage du compte courant personnel, toujours concurrencé par d'autres urgences.

Deuxième avantage : l'article 39 peut avoir une fonction RH et de gouvernance, surtout lorsqu'il concerne aussi des cadres clés. Dans une PME, fidéliser ne passe pas toujours par une hausse de salaire. Parfois, un engagement différé, bien calibré, porte davantage de sens qu'une rémunération additionnelle immédiatement fiscalisée.

Mais il faut le dire franchement : la lourdeur du dispositif est souvent sous-estimée. Mise en place juridique, coût pour l'entreprise, lisibilité pour le bénéficiaire, conditions de sortie essentiellement orientées vers la rente... tout cela limite son intérêt dans bien des cas. Un chef d'entreprise qui cherche avant tout de la souplesse sera souvent déçu.

Quand un président de SAS y trouve encore un vrai intérêt

L'article 39 garde du sens lorsqu'on se trouve dans une configuration assez particulière : revenus confortables, société pérenne, horizon de départ lisible, besoin de compléter un niveau de retraite attendu insuffisant et acceptation d'un cadre peu flexible. En revanche, pour un dirigeant dont la trajectoire reste mouvante - cession envisagée, arbitrages immobiliers à venir, enfants à aider, protection du conjoint à renforcer - le sujet mérite d'être comparé sans complaisance à d'autres outils.

Le PER entreprise pour dirigeant, par exemple, offre souvent une lecture plus simple. Il peut être moins sophistiqué, donc parfois moins séduisant sur le papier, mais la simplicité est une qualité patrimoniale. Elle évite beaucoup d'erreurs silencieuses.

Une scène fréquente chez les dirigeants de PME

À Créteil, un président de SAS approchait de la cinquantaine avec un bon niveau de revenus, mais une retraite estimée bien en dessous de son train de vie futur. Son expert-comptable avait évoqué l'article 39, presque à voix basse, comme un outil réservé aux initiés. En travaillant la situation, il est apparu que la vraie question n'était pas de choisir une retraite supplémentaire pour dirigeant en théorie, mais d'arbitrer entre liquidité, fiscalité, protection familiale et visibilité sur la société. Nous avons donc replacé le sujet dans une stratégie globale dirigeant, puis confronté l'article 39 aux autres leviers de la page Nos solutions. À la fin, le dispositif n'a pas été retenu. Ce n'était pas un échec, plutôt un tri utile. Certains outils impressionnent davantage qu'ils ne servent.

Les vérifications indispensables avant de décider

Avant de retenir un article 39, nous conseillons de passer cinq filtres très concrets :

  1. Le niveau réel de retraite attendu, et non une intuition vague.
  2. La stabilité de l'entreprise sur plusieurs années.
  3. La cohérence avec les autres dispositifs déjà en place : PER, prévoyance, épargne salariale.
  4. L'acceptation d'une sortie en rente, qui ne convient pas à tous les profils.
  5. L'impact familial et patrimonial, notamment si une cession ou une transmission est envisagée.

Il est aussi utile de garder un œil sur les sources institutionnelles, notamment l'AMF pour le cadre réglementaire général et l'information aux dirigeants proposée par Bpifrance Création pour les arbitrages d'entreprise. Les chiffres bruts ne décident pas à votre place, mais ils évitent de piloter dans le brouillard.

Prendre une décision qui reste bonne dans dix ans

L'article 39 n'est ni une relique inutile ni un passage obligé pour un président de SAS. C'est un outil de niche, pertinent dans certaines trajectoires, encombrant dans d'autres. La vraie question n'est donc pas de savoir s'il est moderne, mais s'il sert vos objectifs patrimoniaux concrets sans fragiliser l'équilibre entre entreprise, vie privée et horizon de retraite. Si vous souhaitez examiner ce sujet avec une lecture vraiment globale, vous pouvez prendre rendez-vous ou consulter notre page dédiée aux solutions pour les dirigeants. Une bonne stratégie retraite commence souvent par ce que l'on accepte d'écarter.

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